Trésors Bucoliques
Apprenez à utiliser les plantes et les solutions naturelles au quotidien grâce à des ateliers pédagogiques accessibles à tous.
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La grande station d'épuration
Si le système digestif du lapin est une usine de fermentation, son système urinaire, lui, est une station d'épuration qui tourne à un rythme effréné.
À taille égale, un lapin boit énormément d'eau (presque autant qu'un chien de 10 kg !). Par conséquent, ses reins travaillent en continu pour filtrer le sang et éliminer les déchets. C'est un système robuste, mais qui possède une faille physiologique majeure liée à la gestion du calcium. Comprendre cette mécanique est essentiel pour garder son lapin en bonne santé.
1. La règle d'or de l'hydratation : pas de biberon !
Pour qu'un système de filtration fonctionne, il faut de l'eau, beaucoup d'eau. Un lapin doit pouvoir boire facilement et abondamment.
C'est pourquoi les biberons à bille sont à bannir définitivement. Ils obligent le lapin à adopter une posture complètement antinaturelle (la tête tordue vers le haut), ils distribuent l'eau au goutte-à-goutte (ce qui épuise et décourage le lapin avant qu'il n'ait étanché sa soif), et ils sont de véritables nids à bactéries difficiles à nettoyer. Le lapin a besoin de laper de grandes gorgées d'eau : une gamelle lourde en céramique (pour éviter qu'il ne la renverse) est la seule installation physiologique et adaptée.
(à noter qu'une grande partie de l'hydratation du lapin doit également provenir de sa ration de verdure fraîche quotidienne)
2. Le calcium : l'exception biologique du lapin :
C'est ici que tout se joue. Chez la plupart des mammifères (humains, chiens, chats), l'intestin est "intelligent" : il n'absorbe dans la nourriture que la quantité exacte de calcium dont le corps a besoin pour ses os et ses dents. Le reste est évacué dans les selles.
Chez le lapin, c'est l'inverse : l'absorption du calcium est passive et presque totale. Son organisme va absorber quasiment 100 % du calcium qu'il ingère, qu'il en ait besoin ou non. Tout cet excédent de calcium se retrouve dans le sang. Le travail de l'éliminer repose alors entièrement sur les reins, qui vont filtrer ce surplus pour l'évacuer via les urines.
C'est pour cette raison qu'une urine de lapin en bonne santé est souvent trouble ou blanchâtre en séchant : c'est simplement la preuve que le rein fait bien son travail de filtre et expulse la "poudre" de calcium.
3. Le duo toxique : quand le calcium rencontre l'oxalate :
Si l'évacuation du calcium est un processus normal, il y a un élément chimique qui vient gripper la machine : l'oxalate. Certains végétaux sont très riches en oxalates (comme les épinards ou les blettes). Dans l'appareil urinaire, l'oxalate a la fâcheuse tendance de se lier comme un aimant au calcium. Ensemble, ils forment des cristaux insolubles d'oxalate de calcium.
Ce sont ces cristaux qui, en s'accumulant, vont irriter les voies urinaires et se transformer en "sable" ou en de véritables "pierres" (calculs) impossibles à dissoudre. La prévention urinaire ne consiste donc pas seulement à surveiller le calcium, mais aussi à limiter les oxalates, voire à les bannir totalement par principe de précaution. Après tout, pourquoi prendre un tel risque ? Les vitamines et nutriments que l'on trouve dans les végétaux riches en oxalates sont présents en abondance dans d'autres plantes bien plus sécurisées pour l'organisme du lapin. Il est donc totalement inutile de jouer avec le feu !
4. Rouge, jaune, blanc... le nuancier des urines :
L'urine des lagomorphes est extrêmement changeante :
Jaune clair à orangé : c'est une urine classique.
Rouge flamboyant à marron (ressemblant à du sang) : c'est très impressionnant, mais c'est dans 95 % des cas tout à fait normal ! L'urine se colore grâce aux porphyrines, des pigments végétaux présents dans l'alimentation (le pissenlit, les fanes de carottes ou les branchages foncés donnent souvent des urines rouges). Si le lapin est en forme, il n'y a pas d'inquiétude à avoir.
Blanchâtre et trouble : c'est le fameux calcium qui est évacué. C'est normal.
Épaisse, boueuse, pâteuse : c'est là qu'il y a urgence. C'est le signe d'une "sablose", la vessie n'arrive plus à évacuer correctement le calcium qui a surchargé complètement l'organisme.
5. Le coup de pouce de la nature : les plantes diurétiques
Pour aider les reins dans leur travail colossal et "laver" régulièrement la tuyauterie de la vessie, la nature est merveilleusement bien faite. En prévention, ou pour soutenir le système urinaire, nous pouvons utiliser des plantes aux propriétés diurétiques (qui augmentent la sécrétion d'urine et forcent le lapin à éliminer).
J'utilise régulièrement :
Le bouleau (feuilles) : c'est l'une des plantes diurétiques les plus puissantes et efficaces, tout en étant très douce pour l'organisme.
Le cassissier (feuilles) : excellent diurétique, il favorise l'élimination des déchets articulaires et rénaux.
Le pissenlit (feuilles) : bien qu'il contienne un peu de calcium, la puissance diurétique de ses feuilles force le système urinaire à se vidanger abondamment (attention, la racine a des propriétés différentes).
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