Trésors Bucoliques
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Contrairement aux bactéries qui sont très nombreuses chez le lapin (comme Pasteurella, Bordetella, E. coli), les lapins possèdent assez peu de virus différents. En revanche, les rares virus qui les touchent sont extrêmement redoutables, foudroyants et souvent mortels.
Il y a deux virus majeurs que tout propriétaire et éleveur doit absolument connaître (et contre lesquels la vaccination est vitale), ainsi qu'une famille de virus digestifs plus spécifiques aux (gros) élevages.
1. Le virus de la Myxomatose :
C'est historiquement le virus le plus connu. Introduit par l'homme dans les années 1950 pour réguler la population de lapins de garenne, il fait toujours des ravages aujourd'hui.
Transmission : principalement par les insectes piqueurs (moustiques, puces, taons) mais aussi par contact direct entre lapins ou via du matériel souillé. Un lapin vivant strictement en intérieur peut donc l'attraper via un simple moustique.
Symptômes : dans sa forme classique (cutanée), il provoque des nodules (myxomes) sur la peau, un gonflement spectaculaire de la tête (paupières, oreilles) et des zones génitales, évoluant vers des difficultés respiratoires. Il existe aussi une forme respiratoire qui mime un gros coryza purulent.
Issue : souvent fatale en quelques jours à semaines sans vaccination.
2. Le VHD (Viral Haemorrhagic Disease) ou Maladie Hémorragique Virale :
C'est le virus le plus redouté car il est invisible et foudroyant. Il existe deux souches distinctes : le VHD 1 (apparu dans les années 80) et le VHD 2 (apparu en 2010, qui touche aussi les très jeunes lapereaux).
Transmission : d'une facilité déconcertante. Le virus est extrêmement résistant dans le milieu extérieur (il survit des mois dans le foin, sur les vêtements, les chaussures ou le matériel). Il se transmet par contact direct, par les insectes, le fourrage ou les semelles des propriétaires.
Symptômes : c'est une mort subite. Le virus provoque des hémorragies internes massives (souvent au niveau du foie et des poumons). Le lapin semble aller très bien, et quelques heures plus tard, il est retrouvé mort, parfois avec une petite goutte de sang au nez.
Issue : mortelle dans 90 à 100% des cas en moins de 48 heures. Il n'existe aucun traitement.
3. Les virus digestifs (Rotavirus et Coronavirus cunicoles) :
Ces virus ciblent spécifiquement l'appareil digestif et sont le cauchemar des gros élevages, touchant principalement les lapereaux au moment du sevrage (entre 4 et 6 semaines).
Transmission : par voie fécale-orale (ingestion d'aliments ou d'eau souillés par les crottes de porteurs).
Symptômes : ils provoquent des entérites virales sévères (gros ventre, diarrhées profuses liquides ou mucoïdes, déshydratation ultra-rapide). Ils ouvrent souvent la porte à des surinfections bactériennes de type Clostridium.
Issue : le taux de mortalité chez les lapereaux est extrêmement élevé en quelques heures.
Ce qu'il faut retenir :
Face aux virus, les antibiotiques sont totalement inefficaces. Les seules armes disponibles sont :
La vaccination annuelle (indispensable dès l'âge de 8 semaines pour protéger contre la Myxomatose, le VHD1 et le VHD2).
La biosécurité (quarantaine stricte lors de l'introduction d'un nouveau lapin, hygiène des mains, moustiquaires).
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