Trésors Bucoliques
Apprenez à utiliser les plantes et les solutions naturelles au quotidien grâce à des ateliers pédagogiques accessibles à tous.
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L'ennemi Invisible du système digestif :
Même avec une alimentation parfaite, le système digestif du lapin peut être attaqué de l'intérieur par des hôtes indésirables. Ces parasites sont souvent silencieux au début, mais ils peuvent faire des ravages s'ils ne sont pas contrôlés.
Il existe deux grandes familles de parasites internes chez le lapin, avec des modes d'action et des gravités bien distincts : la redoutable coccidiose et les vers intestinaux.
1. La coccidiose : le fléau des jeunes lapins
C'est sans aucun doute l'ennemi numéro 1 chez le lapin. La coccidiose n'est pas causée par un ver, mais par un organisme microscopique (un protozoaire appelé Eimeria). Ce parasite s'installe dans les parois de l'intestin (ou parfois dans le foie) et s'y multiplie de manière fulgurante.
Les causes et facteurs déclenchants
Le parasite se transmet par l'ingestion d'excréments contaminés (lorsque le lapin mange ses caecotrophes ou fouille dans sa litière). Cependant, beaucoup de lapins sont porteurs sains. Ce qui déclenche la maladie, c'est le stress ! Le sevrage, l'arrivée dans une nouvelle famille, un changement brusque d'alimentation ou une baisse d'immunité réveillent le parasite.
Les symptômes
Diarrhée sévère et très liquide, ventre gonflé (ballonnements douloureux), perte de poids fulgurante, apathie totale. Sans traitement rapide, l'issue est souvent fatale en quelques jours pour un lapereau.
Prévention et traitements
L'hygiène sanitaire : les oeufs de coccidies (oocystes) aiment l'humidité et la chaleur. Une litière souillée et humide est un incubateur parfait. Il faut donc changer le bac très régulièrement et le désinfecter.
L'hygiène alimentaire : pas de changement brutal de régime, et surtout, aucun sucre (pas de fruits, pas de carottes en excès, pas de céréales). Le sucre nourrit la dysbiose qui aide la coccidiose à s'installer.
Le traitement vétérinaire : en cas de crise déclarée, seul un traitement anticoccidien (souvent à base de sulfamides) prescrit par un vétérinaire NAC pourra sauver l'animal. Il faut agir dès les premières heures.
La phytothérapie en bouclier : l'action des tanins
En prévention, les plantes riches en tanins (feuilles de ronce, de framboisier, de noisetier) sont des alliées redoutables. Grâce à leur effet astringent, les tanins vont littéralement "resserrer" les tissus de la muqueuse intestinale. Cette paroi rendue plus tonique et moins perméable empêche mécaniquement le parasite microscopique de s'y accrocher pour se multiplier.
2. Les vers intestinaux
Moins foudroyants que la coccidiose, les vers intestinaux (souvent des nématodes comme les oxyures) sont très fréquents. Ils vivent dans le gros intestin et le caecum du lapin.
Les causes
L'ingestion d'oeufs de vers présents sur de l'herbe ramassée à l'extérieur (contaminée par des animaux sauvages ou d'autres lapins), ou par transmission de la mère au petit.
Les symptômes
Un lapin parasité par des vers peut paraître en pleine forme au début. Puis, vous observerez un amaigrissement malgré un bon appétit, un poil terne, des selles de taille irrégulière, et parfois de fortes démangeaisons de l'arrière-train. En cas de forte infestation, on peut voir de petits vers blancs mobiles à la surface des crottes.
Prévention et traitements
La prévention : lavez toujours soigneusement les herbes sauvages que vous cueillez si elles proviennent de zones fréquentées par des lapins de garenne ou d'autres animaux.
Le traitement : un vermifuge vétérinaire (adapté aux lapins, attention, les vermifuges pour chiens/chats peuvent être toxiques !) administré 2 à 3 fois par an si le lapin a accès à l'extérieur ou mange de la verdure sauvage.
Le terrain végétal : certaines plantes (le thym) ont des propriétés vermifuges naturelles. Sans remplacer un traitement chimique en cas de grosse infestation, les inclure régulièrement et à petite dose dans l'alimentation aide à maintenir un terrain hostile à l'installation des vers.
Mon protocole préventif naturel
Au fil des années d'observation au sein de mon élevage, j'ai élaboré un protocole naturel pour protéger le système digestif si vulnérable des jeunes lapins. Depuis sa mise en place, je n'ai plus aucune mortalité au moment délicat de la sortie du nid et du sevrage.
Le secret ? Un macérat de thym et d'origan dans du vinaigre de cidre.
Comment ça fonctionne ?
Le vinaigre de cidre (non pasteurisé, l'idéal est de le faire maison) ajoute une légère acidité dans l'eau de boisson et dans le tube digestif. Les mauvaises bactéries et les parasites (comme la coccidiose) détestent l'acidité et ne peuvent pas s'y développer.
Le thym est un puissant antiseptique naturel, antifongique et un léger vermifuge.
L'origan est reconnu comme l'un des antibiotiques naturels les plus puissants du règne végétal. Il booste l'immunité et lutte activement contre les infections digestives.
L'application : distribué (toujours dilué dans l'eau de boisson) en cure régulière, ce mélange crée un véritable bouclier intestinal, préparant le jeune lapin à affronter sereinement les transitions de la vie.
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