Trésors Bucoliques
Apprenez à utiliser les plantes et les solutions naturelles au quotidien grâce à des ateliers pédagogiques accessibles à tous.
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Quand la vessie s'engorge
Nous avons vu que le lapin évacue naturellement son excédent de calcium via les urines. Mais lorsque la machine s'enraye et que ce calcium stagne trop longtemps dans la vessie, il sédimente. Il se transforme alors en une boue épaisse et crayeuse : c'est ce qu'on appelle la sablose (ou hypercalciurie).
Contrairement aux calculs qui sont de véritables "pierres" dures (souvent liées aux oxalates), la sablose s'apparente plutôt à du sable mouillé ou à du dentifrice. Bien qu'elle ne soit pas solide, elle est extrêmement dangereuse, douloureuse, et peut boucher totalement les voies urinaires.
1. Comment reconnaître une sablose ? Les signes d'alerte
Un lapin atteint de sablose souffre en silence, mais son corps et son environnement laissent des indices très clairs qu'il faut savoir repérer :
L'urine épaisse : c'est le symptôme le plus visuel. L'urine est très épaisse, pâteuse, d'un blanc laiteux, et laisse une croûte crayeuse très dure en séchant dans la litière.
L'arrière-train souillé (brûlures d'urine) : parce que l'urine est lourde et chargée en sable, le lapin a du mal à l'éjecter proprement. Elle a tendance à couler le long de ses pattes arrière. Le sable irritant va brûler la peau, faire tomber les poils et créer de graves inflammations cutanées.
La douleur à la miction : le lapin se positionne pour uriner, force, pousse, mais très peu de liquide sort. Il peut grincer des dents de douleur, gémir, ou rester prostré dans un coin de sa litière.
L'apathie et la perte d'appétit : la douleur provoquée par l'inflammation de la vessie (cystite) coupe inévitablement l'appétit du lapin, ce qui nous ramène au risque mortel de l'arrêt de transit.
(Attention : un lapin qui n'arrive plus du tout à uriner est en urgence vétérinaire vitale absolue. La vessie peut se rompre ou les reins bloquer en quelques heures).
2. Pourquoi la sablose s'installe-t-elle ?
La sablose n'arrive jamais par hasard. Elle est la conséquence directe d'un ou plusieurs dysfonctionnements dans le mode de vie du lapin.
L'excès de calcium (l'erreur alimentaire) : un foin de luzerne donné à un adulte, une surdose de granulés industriels (même "de bonne qualité", même sans céréales, ils sont très secs et concentrés), ou une mauvaise gestion des légumes sont autant de matières premières qui saturent les reins.
Le manque d'hydratation (la tuyauterie à sec) : pour que le sable soit évacué, il doit être "rincé". Un lapin nourri exclusivement aux granulés et au foin, avec très peu de verdure fraîche, ne consomme pas assez d'eau. Si en plus on lui impose de boire au biberon, l'hydratation est catastrophique. Sans un grand flux d'eau pour nettoyer la vessie, le sable s'accumule au fond.
La sédentarité (le sable qui stagne) : c'est une cause souvent oubliée, mais mécanique ! Un lapin enfermé dans une cage ou qui bouge très peu ne "secoue" pas sa vessie. Par conséquent, par simple gravité, les sédiments de calcium tombent et s'agglomèrent au fond. Un lapin qui vit en liberté, court, saute et fait des cabrioles, maintient ce "sable" en suspension dans l'urine, ce qui permet de l'évacuer facilement à chaque miction.
3. Les bons gestes :
Si votre vétérinaire a diagnostiqué une sablose (il devra peut-être aider le lapin à vider sa vessie manuellement sous antidouleurs, voire faire des perfusions sous-cutanées pour le réhydrater massivement), le traitement de fond se passe à la maison, grâce à une hygiène de vie stricte et à la puissance des plantes.
Les gestes immédiats :
L'eau "zéro calcaire" : passez immédiatement à une eau en bouteille très faiblement minéralisée (type Mont Roucous) ou à une eau filtrée de qualité.
L'arrêt des granulés : coupez toutes les sources d'aliments industriels car ils sont beaucoup trop riches et sont donc contre-productifs.
L'inondation par la verdure : proposez des légumes et des feuillages gorgés d'eau, et surtout très pauvres en calcium, pour créer un "rinçage" naturel intensif.
4. Le soutien par les plantes :
J'accompagne le système urinaire avec des plantes ciblées pour augmenter le volume d'urine (diurétiques) et apaiser les brûlures internes (anti-inflammatoires) :
Le bouleau ou le cassis (les feuilles) : ce sont nos "pompes à eau" naturelles. Elles vont forcer les reins à produire plus d'urine pour chasser le sable, sans ajouter la moindre toxicité.
La bruyère (les sommités fleuries) : c'est un antiseptique urinaire exceptionnel. Elle aide à désinfecter les voies urinaires souvent irritées et enflammées par le passage du sable.
La canneberge (les feuilles séchées) : très connue pour empêcher les bactéries de s'accrocher aux parois de la vessie (Attention : on utilise bien les feuilles séchées, et non pas les fruits séchés ou les jus industriels qui sont des bombes de sucre destructrices pour le transit !).
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